La face cachée des maladies chroniques : Ce travail invisible dont on ne parle pas
Maladie chronique : comment la sophrologie aide à gérer l’invisible (douleurs, fatigue…). Retrouvez votre légitimité et apprenez à protéger votre énergie.
Aurélie Juin, Sophrolilie, Sophrologue certifiée
4/20/20262 min temps de lecture


On évoque souvent la charge mentale domestique ou professionnelle. Mais pour celles et ceux qui vivent avec une pathologie chronique, qu'il s'agisse de fibromyalgie, d'endométriose, de sclérose en plaques ou de douleurs persistantes, il existe une autre forme de labeur, totalement silencieuse : un travail invisible sur soi, pour soi et pour sa santé.
Un emploi à plein temps
Vivre avec une maladie chronique, c'est porter un sac à dos dont personne ne voit le poids. Ce travail invisible se niche dans les moindres détails du quotidien :
- L'espoir du matin : Se lever chaque jour en espérant s'être ressourcé et avoir l'énergie nécessaire pour les heures à venir.
- L’ajustement permanent : Recalculer sans cesse ses priorités en fonction de la douleur, de la fatigue, renoncer à un projet au dernier moment, décaler un rendez-vous...
- Le masque social : Fournir l'effort conscient de paraître "bien" pour ne pas inquiéter ses proches, ne pas avoir à se justifier ou éviter le jugement au travail.
- La logistique médicale : Gérer les traitements, anticiper les crises, préparer les consultations et coordonner les soins.
Cet effort permanent consomme une énergie immense. C’est ce qui explique pourquoi, même après une nuit de sommeil, la fatigue peut rester de plomb. Vous avez déjà "travaillé" avant même que la journée ne commence.
Pourquoi ce travail mène à l'épuisement
Le risque majeur de ce labeur souterrain est le "burn-out de la santé". À force de compenser, de masquer et d'anticiper, le système nerveux reste en état d'alerte permanent. La culpabilité s'installe alors. La peur de ne pas en faire assez, alors qu'en réalité, vous faites déjà énormément pour simplement "être là".
La Sophrologie : S’accorder une pause pour soi
Dans mes accompagnements, mon rôle n'est pas de vous donner une tâche supplémentaire, mais de vous offrir un espace de déconnexion vis-à-vis de la maladie. La sophrologie intervient comme un levier pour alléger cette charge :
- Par la reconnaissance du vécu, elle permet de sortir du déni de cet effort. Reconnaître ce travail invisible est le premier pas pour cesser de culpabiliser et s'autoriser enfin un repos véritable. C'est aussi le moment de prendre conscience de votre force intérieure : celle qui vous permet, chaque jour, de naviguer malgré les tempêtes invisibles. En sophrologie, nous mettons en lumière cette capacité d'adaptation pour qu'elle devienne un moteur, et non plus une source d'épuisement.
- L'économie d'énergie : Grâce à la respiration et au relâchement musculaire, nous apprenons à ne pas sur-consommer d'énergie dans les "tensions de défense" (celles que l'on contracte inconsciemment par peur de la douleur).
- Le refuge intérieur : Créer une bulle dans laquelle vous n'êtes plus une "gestionnaire de symptômes", mais simplement une personne qui respire, qui ressent et qui s'appartient à nouveau.
Se sentir surmené par la maladie n’est pas une faille, c’est un signal. C'est l'invitation à apprendre, pas à pas, à redevenir libre dans son corps, son cœur et sa tête.
Si vous ressentez une fatigue que rien ne semble apaiser, rappelez-vous que votre corps et votre esprit fournissent un effort colossal dans l'ombre. Ce travail mérite d'être reconnu, d'abord par vous-même, puis soutenu par des outils adaptés.
La sophrologie ne supprime pas la pathologie, mais elle transforme la manière dont vous portez ce sac à dos, pour qu'il devienne, petit à petit, moins entravant.
Aurélie Juin, Soprolilie, Sophrologue Certifiée, Clermont-Ferrand


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