Sclérose en plaques et sophrologie : Apaisez l'anxiété invisible de la récupération
Quand un symptôme s'installe, la vraie question qui tourne en boucle est souvent : « Est-ce que je vais récupérer ce que j'ai perdu ? » Découvrez comment la sophrologie accompagne cette attente anxieuse et aide à soutenir le corps dans sa reconstruction.
Aurélie Juin, Sophrolilie, Sophrologue Certifiée
5/30/20263 min temps de lecture


Lorsqu'on parle de l'impact psychologique de la sclérose en plaques, on évoque souvent la peur de l'avenir ou l'imprévisibilité des poussées. Mais il y a une autre forme d'anxiété, bien plus intime, silencieuse et vertigineuse, que partagent de nombreuses personnes touchées par la SEP de forme récurrente-rémittente : l'attente de la récupération.
Quand un symptôme apparaît, qu’il s’agisse d’une perte de sensibilité, d’une faiblesse dans une jambe ou d’un flou visuel, une question s'installe instantanément et tourne en boucle dans l'esprit : « Est-ce que je vais récupérer ce que je viens de perdre ? Est-ce que mon corps va retrouver sa force, sa fluidité, ou dois-je faire le deuil de cette capacité ? »
Bien que les corticoïdes puissent parfois régler rapidement le problème engendré par la poussée, il arrive que la récupération s’étale dans la durée : des jours, des semaines ou des mois. C’est un marathon émotionnel d'une violence invisible. On guette le moindre signe d'amélioration, on teste ses mouvements, et chaque jour sans progrès apparent nourrit une anxiété sourde. En tant que sophrologue, je sais que cette période demande une grande force mentale, du soutien psychologique et corporel loin des discours d'encouragement simplistes.
L'impact de l'anxiété sur la plasticité nerveuse
Vouloir récupérer ce que l'on a perdu est humain. C’est un combat légitime. Cependant, vivre cette attente dans l'angoisse permanente maintient le système nerveux sous une tension extrême. Le stress chronique libère des hormones qui, biologiquement, ne favorisent pas le repos ni la régénération cellulaire.
L'esprit, focalisé à sur la zone "défaillante", envoie des vagues d'hypervigilance et de frustration vers son propre corps. On finit par ne plus percevoir sa silhouette qu'à travers ce qui manque
La sophrologie n'a pas le pouvoir de réparer par magie une gaine de myéline. En revanche, elle intervient directement sur l'environnement dans lequel votre corps essaie de récupérer. En abaissant le niveau de stress, elle remet le système nerveux en mode "parasympathique", un mode où le corps peut réellement se régénérer, récupérer, et intégrer de nouvelles connexions par plasticité neuronale.
Comment la sophrologie accompagne cette attente ?
En séance, face à cette anxiété de la perte et de la récupération, nous travaillons sur trois axes essentiels :
Défocaliser l'attention pour soulager l'esprit : Lorsque toute votre attention est branchée sur ce que vous avez perdu, la frustration est omniprésente. Par la relaxation, nous apprenons à l'esprit à porter son regard sur toutes les zones du corps qui vont bien, qui sont là, solides et fonctionnelles. C'est redonner de l'espace au vivant pour ne pas laisser le symptôme prendre toute la place.
Accueillir le deuil temporaire ou définitif : La sophrologie offre un espace sécurisant pour poser sa colère, sa peur de ne pas récupérer, et sa tristesse. On ne vous demande pas de "positiver", mais d'accepter de ressentir ces émotions pour éviter qu'elles ne se cristallisent en tensions musculaires douloureuses.
Accompagner doucement le mouvement de retour : Par des visualisations positives et des mouvements très doux, nous réactivons mentalement et physiquement le schéma corporel. On encourage le corps dans ses tentatives de récupération, sans lui imposer de pression de performance, un jour après l'autre.
Faire équipe avec son corps, quoi qu'il arrive
Attendre de récupérer demande de la patience et un courage immense. À chaque instant, le cerveau s'active pour créer de nouveaux chemins et contourner la difficulté. Parfois, cette réorganisation permet une récupération totale, et parfois elle reste partielle.
La sophrologie vous aide à ne pas vivre cette attente comme une punition ou une lutte acharnée contre vous-même, mais comme un processus où vous apprenez à faire équipe avec votre corps, à respecter votre propre temps de guérison, et à reconstruire votre sécurité intérieure.
Attendre de récupérer demande un courage immense. À chaque instant, le cerveau s'active pour créer de nouveaux chemins et contourner la difficulté. Parfois, cette réorganisation permet une récupération totale, et parfois elle reste partielle.
Aurélie Juin, Sophrolilie, Sophrologue Certifiée, Clermont-Ferrand


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